9 mars 2010

Les manipulations pro-gaullistes du Dada "FOG" et de Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa

Dans le cadre du cinquantenaire
des indépendances africaines…





Les manipulations pro-gaullistes

du Dada Franz-Olivier Giesbert

et de Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa



par


Alexandre Gerbi
.

à Claude Garrier


Dans les petites sphères politiques et médiatiques françaises, on sait depuis longtemps qu’il est interdit de critiquer le général de Gaulle. On sait également qu’il est permis, en revanche, d’en faire l’apologie la plus débridée. Car en ce domaine particulier, l’éloge, même hors limites, n’expose à aucun sarcasme. Dire que le Général était « un génie » au sens fort et plein du terme (politique, historique, littéraire…), affirmer qu’il est « le plus grand homme de l’Histoire de France », lui tresser des couronnes de laurier pendant des heures avec un petit sourire béat aux lèvres, tout cela est parfaitement possible, et même conseillé. L’exercice ouvre les portes et allume autant de spotlights que la critique du même Général menace celui qui la profère d’anathème et de bannissement. Dans le petit monde médiatique, chacun sait tout cela, et se comporte en fonction…

Ils sont par conséquent rarissimes ceux qui se permettent de flinguer le grand homme. De mémoire de téléspectateur, depuis vingt ans sur le petit écran, personne ne s’est risqué à mettre en cause Charles de Gaulle. Hormis Georges-Marc Benamou, lors de la sortie de son livre Un mensonge français, en 2003, et Pierre Bénichou, dans une furtive mais puissante salve lancée dans l’émission 93, Faubourg Saint Honoré, en 2006. Mais à part cela, rien, ou presque.

Illustration de l’extrême actualité du phénomène, vendredi 5 mars 2010, dans Vous aurez le dernier mot !, l’émission de Franz-Olivier Giesbert (alias « FOG »), sur France 2.

Sous prétexte d’organiser un débat autour du Général, « FOG » invite autour de la table… trois gaullistes invétérés (Max Gallo, Eric Zemmour et Paul-Marie Coûteaux) et un quatrième larron (Benoît Duteurtre) qui s’abstint de contredire en quoi que ce soit les trois autres, et alla jusqu’à placer la pensée du « plus illustre des Français », en dépit de son caractère « archaïque», à la « pointe de l’altermondialisme »... Autour d’un thème lui-même nettement orienté dans le sens habituel (« De la grandeur gaullienne au défaitisme actuel »), on vit pendant une demi-heure les trois principaux intervenants se disputer le titre de plus grand « gaullologue » (selon l’expression de Giesbert) sous le regard complice du quatrième.

Franz-Olivier Giesbert est bien sûr en droit de transformer une émission culturelle du service public en machine à glorifier de Gaulle, en éliminant du plateau toute voix discordante, et en orientant les débats dans le sens hagiographique le plus caricatural. Il est en droit de mettre en scène, dans une logique presque dadaïste, le pro-gaulliste Eric Zemmour multipliant les assauts pro-gaullistes en direction du pro-gaulliste Max Gallo sous l’œil vigilant du pro-gaulliste Paul-Marie Coûteaux et du néo-pro-gaulliste Benoît Duteurtre. En termes de déontologie journalistique ou médiatique, rien de plus digne et respectable… En revanche, ce qui semble plus douteux, c’est d’intituler « débat » ce qui ne confronte que des avis essentiellement convergents, autour d’un sujet lui-même dénué de toute neutralité.

Des confins de sa mise en scène, dadaïste disions-nous, Dada FOG a tout de même signé son œuvre, à la presque fin du « débat », en balançant dans la figure d’un Zemmour arrêté dans l’extase :

« Ce passéisme, et puis ce culte aussi du général de Gaulle, est-ce que ce n’est pas lié aussi à un certain refus de la mondialisation, de la France pluriethnique ? D’ailleurs il y a des phrases du général de Gaulle (…) qui sont frappantes sur les Français musulmans et les Français chrétiens… Il les compare, il dit que c’est l’huile et le vinaigre, vous mélangez ça dans la bouteille, vous reposez la bouteille, et l’huile et le vinaigre seront à nouveau séparés »

Eric Zemmour : « Il dit pas les Français musulmans et les Français chrétiens, il dit les Arabes et les Français. Et il dit c’est comme l’huile et le vinaigre, vous les mélangez ensemble, ça finit par se séparer après ».

A la minute 1h06 :

http://programmes.france2.fr/vous-aurez-le-dernier-mot/index.php?page=article&numsite=4199&id_article=12407&id_rubrique=4202

La nuance, subtile, n’est certes pas à l’avantage de de Gaulle… Au demeurant, ni Eric Zemmour ni ses comparses ne se sont aventurés à s’étendre davantage sur cette citation, ni bien sûr à la critiquer, en cette année de cinquantenaire des indépendances africaines, Algérie en ligne de mire (2012)… Les sacrosaints « codes » furent dûment respectés. On passa immédiatement à autre chose. La remarque de FOG et le ricochet « zemmourien » firent plouf. Et pour cause, Max Gallo, par exemple, a déjà démontré par le passé son talent, en pareil cas, pour noyer le poisson (voir notre article Les flous de mémoire de Max Gallo sur France Inter).

De tels comportements ne sauraient étonner celui qui connaît la véritable histoire de la Ve République blanciste. Car celle-ci fut originellement bâtie sur des considérations totalement anti-républicaines, considérations raciales, civilisationnelles, religieuses et financières cachées sous de gigantesques mensonges (avec le monde entier faisant chorus, depuis cinquante ans, Etats-Unis et ONU en tête). Le travestissement de l’histoire de la décolonisation est la spécialité de notre cher régime, puisqu’il en est né, dans la duplicité (relire les discours d’Alger et de Mostaganem de Charles de Gaulle en 1958).

Cela est si vrai que le 26 février dernier, à Libreville, en parfait continuateur du Système, bafouant ses promesses de « rupture », Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa, au moment de refonder les relations franco-gabonaises ou franco-africaines, balança sans vergogne d’énormes mensonges historiques aux enjeux immenses, à la figure d’un parterre gabonais bien embarrassé, tant était grand le scandale de voir ainsi violée la réalité historique, sous le patronage dès lors nécessairement usurpé des morts : certains de leurs noms avaient été prononcés, invoqués, et le respect qui leur est dû exalté par Nicolas Sarkozy lui-même, ce jour-là…

A se demander si Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa ne joue pas avec le feu…

L’âme africaine, dans sa profonde grandeur, sait comprendre l’humaine faiblesse, faire la part des choses et par conséquent pardonner. Elle l’a souvent démontré tout au long de sa douloureuse histoire, en particulier à l’égard de la France, et de cela l’Afrique peut s’enorgueillir.

Pour cela, il n’est peut-être pas trop tard pour bien faire, malgré tout. C’est-à-dire qu’il est encore temps pour Nicolas Sarkozy d’en finir et d’avouer les choses, le largage, le travestissement et le masque, le déni d’égalité, le mépris racial, la défiance civilisationnelle, le vaste crime contre l’humanité (je pèse mes mots) que fut la prétendue « décolonisation ». Crime contre l’Afrique, contre la France, contre la République et contre la démocratie. Pour enfin désigner le grand coupable, l’ennemi commun : la classe politique métropolitaine de l’époque, en particulier Charles de Gaulle, prétendument décolonisateur, en réalité destructeur de l’unité franco-africaine, et euro-africaine, et donc ennemi du panafricanisme, de la Nation, et grand faiseur de désastres.

Mais après tout, puisque tant de nos contemporains ont l’air de s’en tamponner le coquillard ou de ne rien comprendre, et surtout de fort, fort bien s’en porter…



Alexandre Gerbi




Libellés : , , , , , , , , , , , , , ,

5 mars 2010

Discours de Libreville : L’outrage aux ancêtres de Nicolas Sarkozy

Cinquante ans après, au Gabon...



Discours de Libreville :

L’outrage aux ancêtres

de Nicolas Sarkozy





par


Alexandre Gerbi
.



Il y a quelques mois, nous riions ensemble des belles leçons d’histoire de Nadine Morano, qui prétendait tirer argument de l’indépendance du Sénégal pour convaincre un passant africain, alpagué sur un marché, qu’il n’était pas chez lui en France. Nous pointions que la secrétaire d’Etat à la famille se livrait là à une falsification dans le droit fil de l’histoire officielle de la Ve République blanciste, qui prétend que les citoyens de l’Outre-Mer français exigèrent l’indépendance. Nous rappelions que les Africains, il y a cinquante ans, réclamaient bien davantage l’égalité et la fraternité, qui leur furent définitivement refusées.

En se débarrassant des populations africaines au lieu de bâtir la grande République franco-africaine égalitaire et fraternelle, le gouvernement français entendait esquiver la « bougnoulisation » et l’islamisation de la France, et relancer le (néo)colonialisme. Evidemment, cela ne fut jamais assumé par les pouvoirs publics, et n’est par conséquent presque jamais dit. A tel point que rien ne permet d’affirmer que Nadine Morano ne pèche pas simplement par ignorance…

Or voici que le comble de la falsification historique vient d’être accompli tout récemment par Nicolas Sarkozy, face à des centaines de personnes, à Libreville, au Gabon. Encore par ignorance ? Cette fois, difficile de le croire…

Le 24 février 2010, Nicolas Sarkozy, apparemment très à l’aise, à tu et à toi avec son homologue gabonais, avait pourtant bien commencé, puisque pour la première fois un grand tabou était levé par une bouche officielle : « Au seuil de l’Indépendance, certains de vos grands aînés ont souhaité la départementalisation ».

Episode longtemps très secret, ignoré et même nié, et pour cela absent de presque tous les livres jusqu’à ce jour, le Gabon a en effet demandé la départementalisation en 1958. Mais le gouvernement métropolitain d’alors s’y opposa vertement. Ce que l’historien Sarkozy commente en ces termes : « Heureusement, il en fut autrement, parce que vous aviez compris que si l’amitié est précieuse, la liberté, elle, est vitale. Et c’est ce choix qui fut celui de nos amis gabonais ».

On a le droit de divaguer et même celui de dire n’importe quoi. Pourtant, si l’on parle d’Histoire, les Gabonais ne firent, à l’époque, aucun choix. Car le général de Gaulle, comme le rappelle implicitement et sans le nommer Nicolas Sarkozy, refusa la départementalisation (en violation de l’article 76 de la Constitution, octobre 1958), puis il donna des ordres (janvier 1960) pour pousser l’auteur du projet en personne, Léon Mba, à réclamer l’indépendance (août 1960). De l’aveu même du Général, les services français eurent toutes les peines du monde à le convaincre…

Ayant imposé le principe de l’indépendance à Léon Mba et à son gouvernement, de Gaulle eut encore à museler les populations gabonaises largement favorables à l’unité franco-africaine égalitaire et fraternelle. En particulier, justement, du côté de Libreville, à l’époque vieille ville franco-gabonaise largement métisse. Pour déposséder les Gabonais du droit à l’autodétermination, de Gaulle fit donc voter à Paris la Loi 60-525 (mai-juin 1960, au prix d’une quadruple violation de la Constitution, qui fit d’ailleurs pas mal de vagues).

Tout cela, Nicolas Sarkozy le sait très bien, ou devrait le savoir. Dans ces conditions, comment peut-il invoquer la « liberté » et le « choix » des Gabonais, sinon en espérant flatter un auditoire théoriquement complice et, surtout, tenu au silence depuis un demi-siècle ? Au reste, probablement gênée par l’ampleur de l’imposture, la salle a très timidement applaudi…

Omar Bongo, dont Nicolas Sarkozy se flatte d’être allé honorer la tombe à Franceville, avait ordonné la publication, dans les années 1980, d’un gros ouvrage consacré à l’Histoire de son pays : le Mémorial du Gabon. L’« Affaire gabonaise », la départementalisation refusée y était sèchement relatée. L’ouvrage rappelait le soutien populaire dont bénéficiait le projet de départementalisation porté par Léon Mba. C’est peu dire qu’en entendant Nicolas Sarkozy gloser sur la « liberté » et le « choix » des Gabonais en 1960, Omar Bongo et Léon Mba ont dû se retourner dans leur tombe, en même temps que tous les anciens qui jadis se rêvaient Français, ou Franco-Africains... Mais après tout, au diable le respect des ancêtres, pourtant « sacré » en Afrique selon Nicolas Sarkozy.

Vous avez dit « cynisme », encore et toujours ?

D’évidence, cet outrage à la mémoire des morts place sous de bien funestes auspices le projet soi-disant « gagnant-gagnant » que Sarkozy entend substituer, avec l’aide de son « ami » Bongo, à la dite "Françafrique". Les « indépendances » assorties de la « coopération », rappelons-le, étaient également censées être, au beau temps de papa de Gaulle, une opération « gagnant-gagnant ». On sait ce que cela a donné, et le rôle que tint le mensonge – majuscule – dans cette sinistre et criminelle affaire…

Aucune fraternité réelle entre la France et ses anciens territoires et populations d’Afrique ne pourra être sainement reconstruite sur d’autres bases que l’honnêteté face au passé et à l’Histoire. Il est bien triste que même la gauche et l’extrême-gauche, en France, soient incapables de le rappeler à Nicolas Sarkozy. Tout simplement parce qu’elles sont l’une et l’autre, comme lui, intimement liées au système de la Ve République blanciste agonisante.

Face à pareil scandale et à la paralysie du système, les grands médias ne peuvent-ils donc rien faire, rien dire ? Et les Africains ne devraient-ils pas réclamer à cor et à cri la vérité, par fidélité aux ancêtres et au Grand Esprit Nkoué Mbali ?

Puissent ces quelques réflexions ne pas tomber dans l’oreille de sourds…



Alexandre Gerbi




Libellés : , , , , , , , , , ,

6 juin 2008

Manifeste du Club Novation Franco-Africaine

Manifeste publié sur le site Afrique Liberté
le 3 juin 2008
.
.
Paris, Bordeaux, Düsseldorf
octobre 2007-juin 2008



Manifeste
.
du Club Novation Franco-Africaine



constellation d’individus et de facettes libres

Tristan Tzara



Intention générale


Le Club Novation Franco-Africaine, est ouvert à toutes les femmes et à tous les hommes de bonne volonté qui souscrivent aux principes énoncés dans le Manifeste du Club Novation Franco-Africaine.

Le Club Novation Franco-Africaine, en mettant en lumière l’histoire occultée franco-africaine, en dissipant les mensonges, veut mettre en place les conditions d’une nouvelle fraternité, afin qu’une politique franco-africaine novatrice devienne enfin possible.


Principes généraux


Depuis près de cinquante ans, l’histoire franco-africaine est lue à travers un prisme déformant.

L’histoire officielle, érigée en véritable « idéologie de la Ve République », affirme que la France fut contrainte, malgré elle, de se retirer d’Afrique, sous la pression des peuples et de leurs leaders avides d’indépendance.

Or nous voyons les choses de façon sensiblement différente.

* * *

Après la Seconde Guerre mondiale, la majorité des leaders d’Afrique subsaharienne ne réclamaient pas l’indépendance, mais l’égalité politique.

Par ce biais, Lamine Guèye, Léopold Sédar Senghor, Félix Houphouët-Boigny, Léon M’Ba et bien d’autres leaders politiques africains entendaient consolider l’ensemble franco-africain et la République française, « une et indivisible ».

Leur donner satisfaction aurait provoqué une métamorphose du peuple français. Le Parlement s’en serait trouvé fortement marqué, tout comme le gouvernement.

Une telle révolution aurait mis un terme au colonialisme. Car si les territoires ou les États africains et la France s’étaient unis dans un cadre strictement démocratique, le colonialisme aurait certainement été, de ce fait, aboli. Par le jeu de la démocratie, l’exploitation des peuples d’outre-mer n’aurait pu perdurer. Les dirigeants français – européens ou africains –, dorénavant suspendus à la sanction des urnes des citoyens d’Afrique autant qu’à celle des métropolitains, auraient été contraints de traiter l’ensemble du peuple français, y compris au sud de la Méditerranée, avec dignité. Il eût fallu en effet procéder à la redistribution équitable de l’impôt, sous la forme de tous les services publics qui contribuent au développement efficace d’une nation : école gratuite, sécurité sociale, infrastructures, etc.

Au tournant des années 1950, refusant de satisfaire la revendication d’égalité des populations et des hommes politiques africains, refusant, surtout, les conséquences impliquées par ce choix, la majorité de la classe politique métropolitaine, de droite comme de gauche, se résolut à procéder à la « décolonisation ». Selon un plan mûrement réfléchi, que le général de Gaulle se chargea d’exécuter.

C’est ainsi que la Métropole choisit de se séparer de ses anciennes colonies, en démembrant la « plus grande France », afin d’esquiver, selon les termes de l’époque, la « bougnoulisation » – comprendre le métissage de la nation et du peuple français, du Parlement et du gouvernement français. Mais aussi pour rendre possible la perpétuation du système colonialiste, que la démocratie dans la République eût interdit.

Ce choix, le général de Gaulle et ses alliés métropolitains de droite comme de gauche, encouragés voire appuyés par des puissances étrangères (notamment les États-Unis et l’Union Soviétique), l’imposèrent à des leaders politiques et des populations africaines souvent réticentes voire radicalement hostiles à l’indépendance. Car à l’époque, l’histoire avait tissé des liens profonds et intenses entre beaucoup d’Africains et la France, des bancs de l’école aux champs de bataille, comme l’a rappelé au grand public le film Indigènes de Rachid Bouchareb.


* * *

Ayant réussi à séparer la France et l’Afrique, connaissant la force des sentiments francophiles et républicains en terre africaine, les dirigeants métropolitains, de droite comme de gauche, durent prévenir tout risque de retour à une dangereuse revendication d’unité franco-africaine dans la République et la démocratie.

C’est dans ce but que fut mise en place une idéologie complexe qui refoula tout un pan de l’histoire et de la sensibilité franco-africaine.

En Afrique comme en France, quoique diversement, tout fut mis en œuvre pour que les peuples oublient leur histoire commune et leur fraternité par delà les races, les cultures et les religions.

Les belles signares, le roi Makoko, Pierre Savorgnan de Brazza et le grand Esprit Nkoué Mbali, Faidherbe et Schœlcher, Blaise Diagne, Robert Delavignette, Gaston Monnerville, Lamine Guèye, les tirailleurs sénégalais, mais aussi Toussaint Louverture et le général Dumas… Autant de noms qui disparurent des mémoires, ou furent désormais présentés de façon partielle et partiale, au service de l’idéologie de la séparation.


* * *

La vision tronquée de l’histoire qui prédomine encore aujourd’hui entrave gravement et pollue les relations franco-africaines. Rien de sain ne peut se construire sur un mensonge, sur des non-dits, sur des sensibilités et des identités refoulées. Les crises identitaires, plus généralement les crises de système en France sont le pendant des crises politiques et sociales qui déchirent l’Afrique depuis des décennies.

C’est avec à l’esprit l’idée que les différents peuples qui composent aujourd’hui l’Afrique francophone, la France métropolitaine et de les DOM TOM, furent un jour un seul grand peuple en voie de fusion – fusion balbutiante selon les uns, commencements exemplaires selon les autres – que le Club Novation Franco-Africaine entend rappeler aux jeunes générations, en Afrique et en France, ce monde fraternel renié.

* * *

Le Club Novation Franco-Africaine ne se bornera pas à mettre au jour les vestiges d’un monde abîmé.

Il entend aussi, fort des leçons du passé appréhendées avec un nouveau regard, trouver dans un rapprochement fraternel et constructif entre la France et l’Afrique les clefs pour le monde de demain. Ces retrouvailles sont plus que jamais d’actualité, comme l’a démontré la campagne présidentielle 2007 en France, comme le démontrent les préoccupations sécuritaires de nos autorités, comme le réclament beaucoup d’intellectuels africains. Comme de plus en plus d’hommes l’espèrent et le croient, en Afrique aussi bien qu’en France.

Car nos pays et le monde endurent un malaise, fruit des non-dits et des travestissements d’un système mondial trop sûr de lui et trop sûr de nos silences. Convaincu que l’esprit de la France « éternelle » est celui de la Liberté, de l’Egalité et de la Fraternité entre tous les hommes, de la démocratie dans la République laïque et sociale, que le monde meurt d’obscurantisme et d’égoïsme de nos jours encore, le Club Novation Franco-Africaine espère contribuer, à travers cent bouches et mille cœurs, à faire renaître une grande idée de la France, qui est nécessairement, aussi, africaine ; et, corrélativement, une grande idée de l’Afrique, qui est, nécessairement, aussi, française. Pour construire la nouvelle Afrique et la nouvelle France.


Moyens d’action

Ancré dans le réel, le Club Novation Franco-Africaine se voue aussi à l’action.

Le Club Novation Franco-Africaine s’emploiera à favoriser l’émergence et la diffusion de tout ouvrage ou de tout document audiovisuel susceptible de mettre à nue ce que nous avons appelé l’idéologie de la Ve République, afin de restituer, en particulier aux jeunes générations, l’histoire commune dans sa complexité et sa fraternité trop oubliées.

Le Club Novation Franco-Africaine mettra tout en œuvre afin qu’à l’avenir, les axes historiographiques fondamentaux exposés dans le Manifeste du Club Novation Franco-Africaine soient, le plus rapidement possible, pris en compte dans l’élaboration des programmes scolaires.

Le Club Novation Franco-Africaine s’attèlera à la préparation d’un Symposium franco-africain qui, dès la première année, visera à définir un programme au service d’une vision vertueuse et stratégique des relations franco-africaines. Ce programme sera soumis aux instances dirigeantes des pays concernés.

Le Club Novation Franco-Africaine diffusera systématiquement les résultats de ses travaux en direction des médias et des associations.

Le Club Novation Franco-Africaine ira aussi, notamment, à la rencontre des femmes et des hommes politiques français et africains, de droite comme de gauche, pour les questionner sur ce pan historique et politique qu’il met au jour : l’histoire occultée de la décolonisation franco-africaine et ses inavouables non-dits. Afin de les interroger, à cette aune, sur les propositions qui sont les leurs aujourd’hui, en matière de réflexion et d’action franco ou euro-africaines.


Objectifs

Que l’Afrique et la France renouent l’une avec l’autre, dans un rapport de fraternité, c’est-à-dire d’estime réciproque et de respect de l’autre dans son originalité et ses spécificités, sans être aveugles à leur profonde et commune identité, forgée par l’histoire et enracinée dans l’humain.

Fort de cette conviction, loin des rancœurs mais sans amnésie, conscient que tout crime, tout crime raciste en particulier, nous renvoie avant tout à nos faiblesses d’homme, le passé doit redevenir source de leçons pour mieux agir, non un prétexte pour commettre de nouveaux crimes.

Persuadé par-dessus tout, dans le sillage d’Alioune Diop, que l’homme de demain sera un homme moderne, un honnête homme debout face à tous les esclavages et à toutes les superstitions, ouvert à l’Autre et au monde, fier de ses racines sans y être empêtré, le Club Novation Franco-Africaine entend œuvrer pour qu’une nouvelle politique franco-africaine devienne réalité, dans la Liberté, l’Egalité, la Fraternité et la Laïcité. Fidèle au souvenir de la sublime Nuit du 4 août 1789, qui surgit sous les cieux de France, mais s’adressait dans la joie à tous les hommes de l’univers.


Fait à Paris, Bordeaux et Düsseldorf,
octobre 2007-juin 2008


Claude Garrier
Alexandre Gerbi
Magloire Kede Onana
Samuel Mbajum
Simon Mougnol
Raphaël Tribeca

Contact / Information : .cnfa1
(at)yahoo.fr

Libellés : , , , , , , , , , , , ,