8 févr. 2012

Le microscopique Guéant et les Tartuffes de la gauche

Ce qui s'agite dans la bouteille...







Le microscopique Guéant

et les Tartuffes de la gauche




par


Alexandre Gerbi





Certains, en particulier à gauche, poussent des cris scandalisés devant les propos de Claude Guéant, comme hier devant ceux de Brice Hortefeux, de Nadine Morano, de Gérard Longuet ou de Nicolas Sarkozy.

Or les mêmes belles âmes, en particulier à gauche, n’ont pas de mots assez sucrés et laudatifs pour glorifier Charles de Gaulle alias « Le Général »…

Las ! Guéant, Hortefeux, Morano, Longuet, Sarkozy et tant d’autres ne sont que des petits joueurs, des émules minuscules et édulcorés de Charles de Gaulle, dont les conceptions et les agissements présidèrent à la naissance du régime actuel. Une idéologie au nom de laquelle fut décidé et organisé, il y a cinquante ans, le largage de l’Afrique ou plutôt de ses populations. Par la mise en place d’un apartheid à l’échelle intercontinentale, tremplin du néocolonialisme. Le tout au mépris de la démocratie et des principes républicains les plus fondamentaux (Affaire gabonaise, Loi 60-525, Affaire algérienne). Une tragédie incommensurable dont notre époque et notre société sont le produit catastrophique. La France de 2012, monde de plus en plus clivé, est la projection des prophéties manichéennes et autoréalisatrices de Charles de Gaulle…

« Les Arabes, les Kabyles, les Mozabites, les Juifs ? Ces gens-là ne font pas partie de notre peuple. »

« Les Arabes, ce n'est rien. Jamais on n'a vu des Arabes construire des routes, des barrages, des usines. Après tout, peut-être n'ont-ils pas besoin de routes, de barrages, d'usines. Ce sont d'habiles politiques. Ils sont habiles comme des mendiants. »

« On a prétendu faire des Nègres de bons Français. C'est beau l'égalité, mais ce n'est pas à notre portée. Vouloir que toutes les populations d'Outre-mer jouissent des mêmes droits sociaux que les métropolitains, d'un niveau de vie égal, ça voudrait dire que le nôtre serait abaissé de moitié. Qui y est prêt ? Alors puisque nous ne pouvons pas leur offrir l'égalité, il vaut mieux leur donner la liberté ! Bye Bye, vous nous coûtez trop cher ».

« Essayez d'intégrer de l'huile et du vinaigre. Agitez la bouteille. Au bout d'un moment, ils se sépareront de nouveau. Les Arabes sont des Arabes, les Français sont des Français. Vous croyez que le corps français peut absorber dix millions de musulmans qui demain seront vingt millions, et après-demain quarante ? Si nous faisons l'intégration, si tous les Arabes et Berbères d'Algérie étaient considérés comme Français, comment les empêcherait-on de venir s'installer en métropole, alors que le niveau de vie y est tellement plus élevé ? Mon village ne s'appellerait plus Colombey-les-Deux-Eglises, mais Colombey-les-Deux-Mosquées ! »

« Avez-vous songé que les Arabes se multiplieront par cinq, puis par dix, pendant que la population française restera presque stationnaire ? Il y aurait deux cents, puis quatre cents députés arabes à Paris ? Vous voyez un président arabe à l'Elysée ? »

Fin de citation.

Alors, de grâce, Messieurs les scandalisés, Mesdames les belles âmes, en particulier de gauche, cessez tant de tartufferie. Cessez de vous indigner des sorties misérables et indigentes d’un Guéant, d’un Hortefeux, d’une Morano, d’un Longuet, d’un Sarkozy ou d'un autre.

Ou alors, soyez enfin cohérent(e)s et dites-nous enfin toute la vérité sur le largage de l’Afrique et de l’Algérie en particulier par Charles de Gaulle et ses alliés, en cette année 2012, cinquantenaire de l’indépendance algérienne et d’élection présidentielle.



Alexandre Gerbi






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19 déc. 2009

Les belles leçons d'histoire de Nadine Morano





Les belles leçons d'histoire

de Nadine Morano





par


Alexandre Gerbi
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Il est bon de lire Rue89 bien au chaud dans son canapé, un mardi soir particulièrement froid de décembre, et d’y découvrir une vidéo drolatique de Nadine Morano au marché, alors que les Harkis du Palais Bourbon, Zohra Benguerrah, Hamid Gouraï et Abdallah Krouk continuent d’assiéger la Ve République blanciste. Dans la nuit glaciale, ils affirment qu’ils combattront jusqu’au bout le « Système » qui signa l’arrêt de mort de leurs pères, il y a bientôt cinquante ans, au nom de la préservation de l’« identité nationale » définie par Charles de Gaulle : « Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne. »

Évidemment, de Gaulle n’avoua pas le fond de sa pensée. Il préféra invoquer « le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes », cela faisait beaucoup plus chic. Et tout le monde, c’est le cas de le dire, fit semblant d’y croire…

Le largage anti-« bougnoulisation » que fut en réalité la décolonisation organisée par Charles de Gaulle, avec la bénédiction de ses amis Américains, il y aura cinquante ans l’an prochain – grosses commémorations en perspective, Année de l’Afrique en France décidée par Nicolas Sarkozy – possède des vertus encore très actuelles.

Qu’on en juge, dans cette vidéo de Nadine Morano en campagne, sur un marché, alpaguant, avec un de ses amis, un passant sénégalais :

CLIQUEZ ICI POUR VOIR LA VIDEO


Revoyons un extrait de la scène au ralenti :

Le passant sénégalais : « Nous, on a été colonisés par la France, nous avons combattu pour la France, nos grands-parents ont combattu pour la France, et c’est normal qu’on vienne en France.... »

Nadine Morano : « C’est normal que vous veniez en France, mais pas à n’importe quelles conditions. Le Sénégal, c’est votre pays ! »

Le passant sénégalais : « Bien sûr que c’est… »

Nadine Morano : « Eh bah aloooors ! »

L’ami de Nadine Morano : « Vous avez voulu l’indépendance, ce qui est normal… »

Nadine Morano : « Bien sûr ! »

L’ami de Nadine Morano : « Vous êtes indépendants maintenant… »

Nadine Morano : « Vous êtes indépendants… »

Le passant sénégalais : « C’est vrai qu’on est indépendants…Mais pour tout ce qu’on a fait pour la France, il est normal qu’on… »

Nadine Morano : « Bah non, on peut pas accueillir tous les Sénégalais ».

Fermez le ban !

Cinquante ans plus tard, la rhétorique de l’indépendance voulue et réclamée par l’Afrique en général, et le Sénégal en particulier, dont de Gaulle se servit pour maquiller le largage anti-métissage de l’Afrique en opération merveilleusement humaniste et démocratique, avec la bénédiction de ses amis soviétiques et communistes français eux-mêmes très amis avec Moscou, sert ici à justifier que les Sénégalais ne puissent aujourd’hui venir librement en France.

Or contrairement à ce qu’avancent avec des airs d’évidence Nadine Morano et son ami, le Sénégal n’a pas voulu son indépendance. Il y fut simplement conduit et même acculé par les gouvernements français successifs, en particulier par celui du général de Gaulle.

Cela, le passant sénégalais ne peut le clamer haut et fort. Car depuis un demi-siècle, le monde entier proclame les mêmes sornettes que Nadine Morano et que son ami, menaces à l’appui : celui qui s’inscrit en faux, s’il est Africain, est accusé d’être un traître au service de la France ; et s’il est Français, d’être un colonialiste nostalgique d’extrême-droite, à tendance fasciste.

Or Léopold Sédar Senghor, père de l’indépendance sénégalaise, ne cacha jamais sa préférence pour un ensemble franco-africain égalitaire et fraternel, par delà les races et les religions, comme la plupart des leaders africains de son temps. S’il finit par se résigner à l’indépendance, c’est de guerre lasse, parce que la classe politique française s’opposait à ce que les Africains, Sénégalais en particulier, devinssent des citoyens égaux, comme le prétendait d’ailleurs hypocritement la Constitution française, et comme l’exigeaient les principes hérités de 1789, et revendiqués par l’Etat français dans cette même Constitution…

Malheureusement, la majorité de la classe politique française (contrairement au peuple français qui y était favorable) en particulier parmi ses leaders (en ce sens de Gaulle incarna un certain esprit de son temps), ne pouvait admettre que les Africains deviennent des Français à part entière, et envoient, par leurs votes, des centaines de députés à l’Assemblée nationale.

Car la France en eût été métamorphosée : son peuple, son parlement, son gouvernement, son chef.

Alors, pour démanteler l’ensemble franco-africain, pour esquiver l’égalité qu’exigeaient les Africains au nom des principes universels de la République, le gouvernement choisit d'imposer l’indépendance à l’Afrique. Quitte à violer la Constitution et à déposséder le peuple du droit à l’autodétermination (Affaire gabonaise et Loi 60-525), en ayant soin de travestir le largage en triomphe du « Sens de l’Histoire ». Coup double, le néocolonialisme put dès lors être déployé, nouvelle mouture du colonialisme que la démocratie eût interdit. Ne restait plus qu’à répandre une histoire fictive pour noyer le poisson…

Aujourd’hui, le mythe totalement bidon d’une Afrique réclamant à cor et à cri son indépendance (les indépendantistes africains existaient, bien sûr, mais étaient très minoritaires) continue de servir le même objectif : préserver la France de l’invasion africaine, ou plutôt de sa métamorphose inéluctable.

« La France du XXIe siècle sera africaine ou ne sera pas » disait François Mitterrand dans les années 1950.

Malgré les crimes et les mensonges de Charles de Gaulle et consorts, sa prophétie s’accomplira, et s’accomplit déjà.

Et à cause des crimes et des mensonges de Charles de Gaulle et consorts, la fusion franco-africaine menace de virer à l’antagonisme, à la haine plutôt qu’à l’amour.

Quand se rappellera-t-on l’Histoire franco-africaine comme, aussi, une fantastique et rare histoire d’amour, plutôt que comme un tissu exclusif d’horreur ?

La réponse est sous forme de puzzle dans la bouche du passant sénégalais et, en négatif, dans celles de Nadine Morano et de son ami.

Nicolas Sarkozy, qui prône un vaste et transparent débat sur l’identité nationale, et se pose, de discours en discours, en héraut du métissage, devra se débrouiller pour qu’à la fin de ce grand débat, la vérité éclate sur le largage de l’Afrique, sur l’imposture fondatrice, colossale et sanglante, de la Ve République blanciste : la prétendue « décolonisation ».

Sans quoi sera démontré qu’il nous méprise comme il méprise les Harkis du Palais Bourbon, à l’instar du Système dont il est le chef actuel, Système qui assassine la France et l’Afrique, abîme et trahit les Africains et les Français, depuis bientôt cinquante ans.

Mercredi 16 décembre, paralysé au réveil, Abdallah Krouk a été brièvement transporté par les pompiers à l’hôpital pour des examens complets. Diagnostic : choc thermique, contractures, risques de pneumonie. Malgré les mises en garde des médecins, il n’a pas voulu rester, préférant rejoindre au plus vite Zohra Benguerrah et Hamid Gouraï, qui depuis plus de sept mois assiègent avec lui l’Assemblée nationale et la Ve République blanciste, jour et nuit, dans le silence assourdissant des médias français.

Météo France prévoit un nouvelle chute des températures pour ce week-end.



Alexandre Gerbi




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