27 août 2010

En dépit des scandales sarkozyens : Les Africains ont le destin de la France entre leurs mains

Parlons chinois...



En dépit des scandales sarkozyens :

Les Africains ont le destin

de la France

entre leurs mains





par


Alexandre Gerbi

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Dans un pays et dans un monde qui ne seraient pas complètement débiles et dépoulpés, face à la menace d’implosion qui s’amplifie en France – de l’ultraviolence des « jeunes » à l’obscurantisme politique et religieux en passant par la neurasthénie collective – au point que même les plus aveugles et les plus hypocrites ne peuvent plus la nier, on serait en droit d’espérer :

1 – Que l’Etat français lève le voile sur la plus grande imposture de l’Histoire de France, fondatrice de la Ve République, qui permit au général de Gaulle, il y a cinquante ans, de larguer la moitié africaine de la population française sous prétexte de « décolonisation » (qui n’eut d’ailleurs jamais lieu dans les faits, et pour cause…), en réalité pour éviter le métissage racial et culturel de la France et relancer la machine colonialiste (« néocolonialisme », « Françafrique » sous couvert d’« indépendance » et de « coopération »).

2 – Que les médias arrêtent de manipuler les Français, en faisant régulièrement l’apologie sans nuances de Charles de Gaulle, père du détestable régime actuel. Car en coulisses, tout le monde sait désormais parfaitement que si le De Gaulle de la France libre fut un héros parce qu’il incarna la France résistante anti-vichyste et anti-nazie, en revanche chacun sait aussi que le De Gaulle du largage de l’Afrique (abusivement qualifié de « décolonisation ») fut un monstre de duplicité et de cynisme doublé d’un traître à la République, à la démocratie, à l’Afrique et à la France.

3 – Que les intellectuels français fassent leur mea culpa pour leurs collusions avec le Système de la Ve République blanciste. Car ce régime a trahi les droits de l’Homme, la démocratie et les principes les plus fondamentaux de la République, sucé le sang de l’Afrique après l’avoir infiniment méprisée, et abruti les Français à grands coups de mensonges. Les intellectuels français seraient bien inspirés, en particulier, de cesser de se pâmer devant le souvenir du Général, de Jean-Paul Sartre et de Raymond Aron. En retrouvant les voix d’Albert Camus, de René Char, de Léopold Sédar Senghor, d’Alioune Diop et de Claude Lévi-Strauss.

4 – Que les Français cessent d’être dupes et se révoltent enfin contre un Système (Etat, médias et intellectuels) qui les traîne en permanence dans la boue en les traitant de racistes et de collabos, pour mieux masquer ses propres turpitudes sur ces chapitres.

5 – Que les Français issus du monde ultramarin, en particulier ceux d’origine africaine, comme leurs pères jadis combattants de l’Armée d’Afrique, montent en première ligne pour défendre la France agonisante que les Français « de souche » sont manifestement incapables de défendre.

Malheureusement, aucun de ces cinq événements ne risque de se produire, puisque la France entière est en voie de décomposition très avancée. Qu’il s’agisse de l’Etat, des médias, des intellectuels ou encore du peuple, qu’il soit blanc ou noir, chrétien, musulman, juif ou athée, plus aucune foi dans le pays, plus aucun amour, plus aucune envie de se battre pour lui, plus aucune envie de plaider sa cause.

Reste à espérer en les Africains. Non seulement parce que la France fut naguère leur pays, pour le meilleur et pour le pire. Mais aussi car la France fait partie du patrimoine nègre historique, puisqu’avant d’être trahie et défigurée par Charles de Gaulle et ses complices notamment états-uniens, la France était historiquement la première défenderesse du monde noir (sans pour autant être, il est vrai, une petite sainte, loin s’en faut…) et déjà, depuis longtemps, une nation en partie nègre. Si d’aventure la France achevait de mourir, c’est le monde noir, et par conséquent l’Afrique, qui perdrait un pan important de son patrimoine. En disant tout cela, j’ai conscience de parler chinois aux oreilles de beaucoup.

Au demeurant, comme en 1939-45, le salut de la France viendra-t-il du dehors de l’Hexagone, à savoir du continent noir ? La prochaine révolution française, nécessaire au pays agonisant, surgira-t-elle des cieux d’Afrique ? A défaut, il faut craindre que c’en soit fini de la France, qui du reste est peut-être déjà morte à l’heure qu’il est.

Au bord du gouffre, s’ils échappent encore à la loi d’affaissement et d’autodestruction française, les Africains doivent avoir conscience de cette responsabilité qui, comme il y a 70 ans, pèse sur leurs épaules : ils ont le destin de la France, une nouvelle fois, entre leurs mains.

A ceux que mon discours effare, je le répète : j’ai conscience de parler chinois aux oreilles de beaucoup.

Alexandre Gerbi


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9 août 2010

Déchéance de nationalité : Crime contre l’Histoire, la Politique et le Droit



Déchéance de nationalité :

Crime contre l’Histoire,

la Politique et le Droit



par


Alexandre Gerbi

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Les Français d’origine africaine sont des Français à part entière. Pas seulement pour les raisons invoquées généralement. Aussi parce que les Africains ne cessèrent d’être Français, il y a un demi-siècle, que parce que l’Etat français leur refusa de l’être.

Après avoir combattu héroïquement pour la France pendant les deux guerres mondiales, la plupart des Africains aspiraient à l’égalité dans la fraternité avec leurs compatriotes métropolitains qui, d’ailleurs, y consentaient dans leur écrasante majorité, comme le prouvèrent les résultats du référendum consécutif à ce que nous avons appelé ailleurs « la Révolution de 58 ». En détruisant l’unité franco-africaine, en refusant l’égalité et la citoyenneté aux Africains, le Chef de l’Etat, Charles de Gaulle, trahit donc à la fois les Africains, les Métropolitains, l’Afrique et la France.

Il faut le rappeler avec force et inlassablement : être d’origine africaine en France aujourd'hui, c’est être d’une origine qui n’est étrangère que parce que la Ve République blanciste en décida ainsi, et l’imposa aux Africains.

Par conséquent, lorsque Nicolas Sarkozy prétend déchoir de leur nationalité française des citoyens d’origine africaine (car ce sont évidemment des citoyens d’origine africaine que cible, de fait, la mesure présidentielle), il s’apprête en réalité à renvoyer ces hommes à une citoyenneté qui n’est étrangère que parce qu’elle fut jadis voulue telle, et imposée comme telle, de façon antidémocratique et anticonstitutionnelle (Affaire gabonaise, 1958 ; Loi 60-525, 1960), à leurs parents et grands-parents.

De là, qui ne voit que le projet sarkozyen est à la fois scandaleux, odieux et monstrueux, en termes d’Histoire, de Politique et de Droit ?


Alexandre Gerbi




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6 août 2010

Sarkozy, BHL, la gauche française et le reste du monde ou Les grands prêtres du désastre



Sarkozy, BHL, la gauche française

et le reste du monde


ou

Les grands prêtres

du désastre





par


Alexandre Gerbi

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L'élection de 2012 sera marquée par une poussée sans précédent du Front National (FN). En tout cas, c’est ce que doit penser Nicolas Sarkozy, qui joue la carte de l’extrême-droite avec une force jamais vue. En dehors du gouvernement et des sphères lepéniste, nationaliste ou « identitaire », tout le monde s’accorde à reconnaître la proposition de déchéance de la nationalité comme monstrueuse, puisqu’elle revient à créer deux catégories de citoyens…

De la sorte, Nicolas Sarkozy n’est sans doute pas sûr de contenir l’hégémonie du FN sur sa droite ; peut-être risque-t-il même de l’accentuer. Mais il peut espérer, presqu’à coup sûr, gagner par l’écrasement de la gauche. En effet, en sortant la grosse artillerie ultra droitiste, il se donne les moyens de mettre en évidence l’indigence, la nullité, les impasses de la pensée du PS et des autres partis de l’opposition sur la brûlante question « immigration/insécurité », et surtout leur hypocrisie totalement déconnectée. De la sorte, Sarko espère tirer parti d’un contexte où l’électorat s’aperçoit comme jamais de l’immense péril des banlieues. Car malgré l’ampleur de la manipulation médiatique qui occulte depuis des lustres, autant que faire se peut, à la fois l’ampleur du danger et l’effarante situation où se trouve le pays, nul n’ignore aujourd’hui que des centaines de « cités » ou de « quartiers » sont sujets à l’ultraviolence, à l’obscurantisme politique et religieux, sur fond de haine de la France.

Quand le crime se greffe sur l’idéologie

Or, par bonheur, à l’heure qu’il est, toute la banlieue n’est pas entièrement frappée par les trois formes du péril. Une importante partie de la banlieue, y compris celle d’origine immigrée, résiste à ces diverses tentations. Malheureusement, l’idéologie officielle et plus généralement la structure politico-médiatico-intellectuelle française, issue de la Ve République blanciste en ses métamorphoses, est incapable de lui tendre la main, parce qu’elle est incapable de répondre à une crise dont le fondement est bien davantage idéologique (et non pas culturel, contrairement à ce que disait récemment Xavier Lemoine, maire UMP de Montfermeil) que social. Quant au crime, il se greffe simplement dessus, et y puise sa force, mise au service de ses trafics… Quoi qu’il en soit, le phénomène atteint un tel degré de développement que Bernard-Henri Lévy lui-même, dans une récente tribune dans le Monde, concède que « la guerre civile menace ». Et le « philosophe » de pointer les « trois erreurs de Nicolas Sarkozy ». A coup sûr, les innombrables fautes de BHL, dont l’ignoble Idéologie française (Grasset, 1981) et par la suite les intimes collusions et autres accointances avec le Système, de l’apologie de Sartre à celle de de Gaulle, des officines littéraires aux milieux d’affaires en passant par les réseaux et la police de la pensée, ne sont pour rien dans les malheurs actuels du pays…

Or précisément, pour endiguer la montée du danger et contrer l’avènement du désastre, il faudrait remettre en cause les fondements mêmes du régime qui l’a engendré. Il faudrait revenir sur les fonts baptismaux de la Ve République, à savoir le largage de l’Afrique et de ses populations, leur mise à distance et leur mise à l’écart, ce que nous avons appelé ailleurs l’apartheid gaullien, que permit la prétendue « décolonisation ». Il faudrait, pour ce faire, commencer par démystifier (démythifier) la figure du général de Gaulle, dont BHL comme Nicolas Sarkozy sont, justement, de grands thuriféraires. Il faudrait avouer le cauchemar atroce (ces mots sont pesés), tissé de trahisons extrêmes et de mensonges suprêmes, dans lequel un dangereux pervers nommé Charles de Gaulle fit, avec l’aide des Etats-Unis puis de l’Union soviétique, basculer l’Afrique et la France, et partant le monde, il y a cinquante ans. Las ! Allumer la télévision ou lire la presse française en l’an 2010 n’incite guère à penser que le déboulonnage de l’idole soit à l’ordre du jour…

Opportunisme sarkozyen

Alors Nicolas Sarkozy, entre son défilé africain du 14-Juillet sur les Champs-Elysées et ses trois semaines de vacances au Cap Nègre, s’en remet à l’idéologie officielle du régime. Il pose en demi-Français les Français d’origine dite « étrangère », alors que la plupart de ceux qu’il vise sont, de fait, originaires d’anciens territoires français, en particulier d’Algérie. Territoires qui furent délibérément abandonnés par le gouvernement du Général-Président il y a un demi-siècle, après moult mensonges et moult reniements. Pour éviter, à coups de massacres et d’assassinats, la « bougnoulisation » (sic) de la France, mais aussi pour organiser le très lucratif néocolonialisme.

Avec les affabulations complexes qui permirent de les tenir cachés, ces deux axes de la décolonisation, l’un secret, l’autre officieux, constituent trois sources majeures de la crise française qui se cristallise dans la crise des banlieues et de sa jeunesse, mais mine en réalité de fond en comble le pays tout entier. Car le largage « anti-bougnoulisation » fut, en plus d’une trahison des principes les plus hauts de la République, une mise au ban et une immense marque de mépris à l’égard des citoyens africains ; le néocolonialisme, une autre marque de mépris assortie d’un cynisme sans bornes à l’égard des Ultramarins, comme l’occasion d’une rapacité obscène ; le mensonge qui enroba le tout consista en un bourrage de crâne visant à détourner les Africains et les Maghrébins de la France, tout en leur donnant à croire que l’indépendance, le divorce étaient leur fait absolu. Ce dernier point, orchestré par une propagande internationale et planétaire (USA, URSS, Chine, Vatican, Ligue Arabe, etc.), a tellement bien fonctionné que toute la jeunesse française, en particulier celle des banlieues, croit, contre toute raison, que l’indépendance fut arrachée par les Africains, dont ils déduisent qu’ils n’aimaient pas la France, voire qu’ils la détestaient. Et ces jeunes et moins jeunes se réclament de leur exemple quand ils crachent sur la France, l’incendient, la mettent à sac ou la terrorise…

Rompre avec l’Histoire officielle

Si l’on veut espérer désamorcer la « haine » qui prospère en banlieue, il faut d’abord cesser d’instiller des mensonges criminels, des amnésies dans la tête de la malheureuse jeunesse. Lever ce qui bloque l’intégration et, pire encore, provoque un effet de « désintégration » – les jeunes des banlieues françaises sont, en moyenne, bien plus hostiles à la France que ne l’est la jeunesse des pays dont ils sont originaires. Voilà qui devrait clouer le bec à tous ceux qui invoquent je ne sais quelle origine « culturelle » à ces malheurs que nous connaissons. Mais pour en sortir, cela supposerait de rompre avec le système idéologique aux sources de ce phénomène, en particulier l’Histoire mensongère dont il se nourrit.

Rompre avec l’idéologie et l’histoire officielle du régime, ce serait aussi rompre avec l’inégalité qui fonda la Ve République après l’assassinat de la Révolution de mai 1958 et la destruction de l’unité franco-africaine, au gré de conceptions inacceptables de la francité, à des fins néocolonialistes comme on l’a vu et, en outre, selon des voies totalement illégales. Le gouvernement actuel, à l’instar de ses prédécesseurs giscardiens, mitterrandiens ou chiraquiens, affirme avoir déjà accompli cette révolution copernicienne. Les récentes menaces sur la nationalité brandies par Nicolas Sarkozy achèvent de démontrer, si l’on en doutait, que rien n’est moins sûr…

Ces choses ne sauraient surprendre, puisque pour rompre avec l’inégalité et le néocolonialisme à l’origine de la plupart de nos maux, rompre avec les mensonges de l’Histoire impliquerait, d’abord, de mettre en lumière les fondements du Système qui nous a conduits jusqu’ici. Or on ne le fait pas. Bien au contraire, à droite comme à gauche, chez Nicolas Sarkozy ou Bernard-Henri Lévy aussi bien que du côté des socialistes, des communistes ou des Verts, sans rien dire des trotskystes infiltrés un peu partout, on persiste à nier l’Histoire occultée de la décolonisation franco-africaine, tout en se prévalant perpétuellement d’un confortable antiracisme de salon. A telle enseigne que jamais le moindre bémol n’est apporté au panégyrique permanent et polymorphe dont la figure de Charles de Gaulle fait l’objet, en dépit de tout ce qui devrait, pour le moins, inspirer quelque modération. Au contraire, chacun y va de son petit couplet extatique ou, les jours modestes, laudateur. Jusqu’à Marine Le Pen.

Il est grand temps, pourtant, que la vérité soit dite. Car après l’Afrique, la France menace de succomber aux mensonges, de se déchirer sous le souffle délétère de l’absolu crime d’Etat qu’accomplit le général de Gaulle, avec l’aide de ses alliés de tout bord, entre 1959 et 1962.

Mais pour expliquer tout cela, pour ouvrir une si gigantesque et vertigineuse boîte de Pandore, il faudrait beaucoup, beaucoup de temps, beaucoup, beaucoup de patience et surtout beaucoup, beaucoup d’humilité et de grandeur d’âme. Toutes choses qui font cruellement défaut au Système autant qu’à ses grands prêtres, tels ci-devant Nicolas Sarkozy, Bernard-Henri Lévy et la sinistre gauche française. Et le reste du monde.



Alexandre Gerbi




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